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Message de l’éditeur
James Douketis MD
Editeur em chef
Canadian Journal of General Internal Medicine
Volume 13, Issue 3, 2018 5
2018 : Pas de meilleur moment pour être un interniste général au Canada
cette transformation genre phénix de la médecine interne générale
? Premièrement, le Collège royal des médecins et chirurgiens du
Canada a officiellement reconnu en 2010 que la médecine interne
générale était une sous-spécialité bona fide et que les exigences en
matière de formation seraient ajustées en conséquence. En effet,
les internistes généralistes possèdent létendue des connaissances
et de lexpertise qui manqueraient à dautres sous-spécialités et,
contrairement à nos collègues de soins primaires, ont une expertise
approfondie pour de nombreuses affections courantes comme
l’insuffisance cardiaque, la broncho-pneumopathie chronique
obstructive, le diabète, l’insuffisance rénale et hépatique pour nen
nommer que quelques-uns. Deuxièmement, le Collège royal a créé
des programmes de diplômes appelés domaines de compétence ciblée
(ou «DCC»), qui sont devenus disponibles, dont un grand nombre
pouvaient être intégrés à la voie de la médecine interne générale. Une
des plus récentes DCC, qui me tient particulièrement à cœur, est la
médecine de la thrombose chez l’adulte. Cela commencera à recruter
des stagiaires cette année et, compte tenu de sa participation à de
multiples organismes, sintégrera bien avec une pratique en médecine
interne générale. Dautres DCC disponibles incluent l’hépatologie des
adultes, la médecine transfusionnelle et la transplantation dorganes
solides chez les adultes. En 2018, les internistes généralistes sont
bien placés pour concevoir leur pratique afin d’inclure un domaine
dexpertise plus spécialisé, que ce soit par le biais dun programme
officiel de DCC ou en dehors de celui-ci. Enfin, et peut-être le plus
important, cest la reconnaissance tardive de la valeur accordée aux
internistes généralistes par les hôpitaux, les établissements de soins
primaires et les établissements denseignement.
Il est donc agréable, surtout pour beaucoup dentre nous dun
millésime plus âgé, de voir la médecine interne générale comme
une destination de choix. Il est également agréable de voir en 2018
ce que beaucoup dentre nous ont connu depuis des décennies: la
médecine interne générale offre un parcours de carrière unique qui
combine des éléments de sous-spécialité avec le génie généraliste
que nous apprécions tant. Il ny a vraiment pas de meilleur moment
pour devenir interniste général au Canada.
Au début des années 1990, lorsque je terminais ma formation à
travers le programme de résidence, la médecine interne générale
au Canada faisait face à une crise dexistence. Dun côté, les sous-
spécialités médicales prenaient le contrôle comme voie préférée
pour les consultations des médecins de soins primaires. Un exemple
type était quun patient recevait des soins dun cardiologue pour
son insuffisance cardiaque, un endocrinologue pour son diabète
et un néphrologue pour son insuffisance rénale. De lautre côté,
la médecine interne générale était comprimée par l›ascension de
la médecine familiale comme spécialité à part entière, délimitant
davantage le domaine généraliste. En tant que PGY-4 en médecine
interne générale à l’Université de Toronto, je pouvais compter, dune
part, sur le nombre de professeurs qui se qualifiaient dinternistes
généralistes, et dautre part, il y avait encore moins de stagiaires
dans ce domaine. Je me souviens distinctement dun membre du
corps professoral qui se plaignait davoir reçu une seule consultation
externe dun médecin de famille - toute lannée ! Au début de ma
carrière, lorsque je travaillais comme interniste interne couvrant
les services d’urgence des grands hôpitaux communautaires, les
patients admis à l’hôpital étaient renvoyés le lendemain matin
au sous-spécialiste le plus proche du diagnostic dadmission et,
si nécessaire, dautres sous-spécialistes ont été appelés pour aider
avec des problèmes médicaux secondaires. Compte tenu de ces
considérations, il nest pas surprenant que la médecine interne
générale soit lune des destinations les moins souhaitables pour
les résidents qui terminent leur formation de base en médecine
interne. En effet, les options pour une carrière en médecine interne
générale étaient plutôt limitées et incluaient la pratique dans une
région géographique éloignée, manquaient de sous-spécialistes ou
poursuivaient une carrière universitaire en milieu hospitalier où le
champ de pratique réservé aux internistes généralistes était plut
étroit (p. ex. dotation dune équipe de consultation péri-opératoire).
Si le début des années 1990 peut être considéré comme le point le
plus bas de la médecine interne générale au Canada, je suis heureux
de dire que les années 2010 sont une période où le présent est brillant
et le futur est encore plus prometteur. Quest-ce qui a conduit à